13. 1899 : Instauration du scrutin
«à la proportionnelle»

En ouvrant la porte à une nouvelle force politique, les élections d'octobre 1894 ont comme conséquence de remettre en question l'équité du système de répartition des sièges qui est en vigueur depuis 1831 : le système majoritaire. Par ce système, la liste qui a obtenu, dans son arrondissement électoral, la majorité absolue des voix, se voit attribuer la totalité des sièges, éliminant les partis plus minoritaires.
En 1894, c'est le Parti Libéral qui fait particulièrement les frais du scrutin majoritaire ainsi qu'en témoignent les résultats : le Parti Catholique avec 51,12% des voix obtient 103 sièges, le Parti Socialiste, avec 13,10% des voix obtient 21 sièges et le Parti Libéral, avec 27,95% des voix en obtient 12.
Un déséquilibre politique entre les régions se dessine : les catholiques sont majoritaires dans une Flandre encore rurale, les socialistes s'imposent dans les grandes agglomérations industrielles de Wallonie.

En 1899, le gouvernement dépose un projet de loi introduisant un nouveau mode de répartition des sièges : le scrutin à la proportionnelle. Ce système assure aux partis une représentation proportionnelle au nombre de voix qu'ils ont obtenu.
Lors des élections de 1900, le nombre d'élus de chaque parti correspondra de manière plus équitable au nombre de voix récoltées.

Parti Catholique : 48,48% = 86 sièges
Parti Socialiste : 22,28% = 32 sièges
Parti Libéral : 24,32% = 33 sièges
Daensistes : 2,98% = 1 siège

En 1919, le suffrage universel masculin, combiné au scrutin à la proportionnelle, mettra fin à la pratique des gouvernements politiquement homogènes que la Belgique a connue jusqu'alors. En empêchant un seul parti de détenir la majorité des sièges dans les Chambres, le système proportionnel impose la formation de coalitions gouvernementales.



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