Alfred Defuisseaux

(Mons 1843 - Nimy 1901)

Avocat et ingénieur, Alfred Defuisseaux publie, le 3 mars 1886, «Le Catéchisme du Peuple».
Dans cet opuscule diffusé à 200.000 exemplaires, il présente dans un langage accessible, les thèmes essentiels de la campagne menée par le Parti Ouvrier pour la conquête du suffrage universel. Cette brochure lui vaut une condamnation de six mois de prison comme étant un des instigateurs des grèves de mars 1886. Il se réfugie alors en France où il poursuit son activité politique.
La manifestation nationale en faveur du suffrage universel, organisée le 15 août 1886 par le POB, ne débouche sur aucun résultat. Des divergences de vue apparaissent rapidement entre la direction du POB, optant pour une voie plus prudente et pour la consolidation préalable de l’organisation ouvrière, et Defuisseaux qui, se considérant comme le porte-parole d’une population ouvrière impatiente, en appelle à la grève générale.
En réaction, il crée, en 1887, le Parti Socialiste Républicain (PSR) qui rencontre un franc succès en Wallonie, plus particulièrement dans le Hainaut. Alfred Defuisseaux lui confère son caractère essentiel, à savoir une action immédiate et énergique.

 

Fameux tribun, Defuisseaux sait enflammer les travailleurs qui, dans le Borinage, déclenchent une série de grèves épisodiques.
Le premier Congrès du PSR qui se tient à Châtelet, les 26 et 27 décembre 1887, inquiète les autorités qui ont encore à l’esprit les événements de 1886. Par crainte d’un complot contre l’État, de très nombreux participants sont arrêtés. Plus tard, affaibli par les œuvres de la gendarmerie et de la Sûreté de l’État, le PSR finira par réintégrer le POB. En 1894, lors des premières élections législatives au suffrage universel masculin et plural, Defuisseaux sera un des 28 députés socialistes élus en Wallonie.

retour