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Bienvenue en Belgique !




(Collection Carhop)


(Collection Carhop)


(Collection Carhop)


Fonds Desarcy, Liège


(Collection Carhop)

L’essor industriel a attiré en Wallonie de nombreux migrants. L’aire de provenance des populations laborieuses ne cessera de s’étendre.
Le gouvernement belge, soucieux du développement de l’industrie, encourage, dès l’entre-deux-guerres, l’immigration. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, le patronat préfère recruter des travailleurs étrangers prêts à accepter les travaux les plus pénibles que les travailleurs belges commencent à fuir. Des migrants seront ainsi de plus en plus employés pour le travail de fond dans les mines de charbon. Les mineurs de nationalité étrangère représentent en 1923, 10% de l’effectif.
Durant cette période, l’immigration ouvrière est essentiellement le fait de Polonais et d’Italiens qui s’établissent en Wallonie, autour des charbonnages.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’immigration économique va connaître son point culminant. Le gouvernement belge, afin de répondre aux besoins en main-d’œuvre pour relancer l’économie, élabore une politique d’encouragement à l’immigration. Une convention est passée entre la Belgique et l’Italie en juin 1946. De nombreux candidats à l’immigration seront trompés par la propagande de la Fédération des charbonnages, dressant de la Belgique et du travail minier un portrait particulièrement avantageux. Les contrats des migrants italiens les contraignent, s’ils veulent rester en Belgique, à travailler pendant une période de cinq ans au fond de la mine.
Confrontés à un travail pénible et dangereux auquel ils n’étaient pas préparés, ils doivent également affronter de difficiles conditions de vie. L’infrastructure d’accueil notamment en matière de logement faisant défaut, ces travailleurs seront souvent placés dans des baraquements jusqu’alors occupés par les prisonniers de guerre allemands.
La catastrophe minière du Bois du Cazier à Marcinelle, en août 1956, marque un tournant dans l’immigration italienne. Sur les 262 victimes, 136 sont italiennes. L’Italie revoit alors sa politique d’émigration et la Belgique se tourne vers d’autres pays pourvoyeurs. L’immigration italienne est remplacée par l’immigration espagnole et grecque. En 1961, plus de deux tiers des étrangers vivant en Belgique résident en Wallonie.
Au cours des années 1960-1970, la Belgique s’oriente vers les pays du Maghreb et la Turquie. La crise du secteur charbonnier s’intensifiant, ils sont embauchés dans d’autres secteurs tels le bâtiment, la métallurgie, les transports en commun, etc.
En 1974, en raison de la crise économique, le gouvernement belge décide d’arrêter l’immigration.

Pour en savoir plus :

COENEN, M.-Th., Syndicats et immigrés, du rejet à l'intégration, EVO-CARHOP-FEC, Bruxelles, 1999.

Équipe Mémoire ouvrière de Seraing, Travailleur d'où viens-tu ? Équipes populaires-CARHOP, Seraing, 1993.


Mémorial ACLI. Flémalle, grand'route. Hommage aux travailleurs italiens de Belgique.

 


Manifestation des mineurs du charbonnage Collard,
19 décembre 1993. (Fonds Desarcy, Liège)

(Fonds Desarcy, Liège)
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