À propos des conditions de travail


La durée habituelle du travail est «de 6 heures du matin à 7 heures du soir, avec 20 minutes de repos le matin, 1 heure à midi, un quart d'heure à 4 heures. On ne sort de l'usine que pour le dîner. Pendant les repas du matin et de 4 heures, on absorbe beaucoup de poussières laineuses.»

Il n'y a pas de réfectoire pour les ouvriers car «il n'y a pas trop de place pour les machines. Le travail est fort pénible, il est surtout insalubre. Il n'y a pas de ventilation suffisante; il faudrait que la commission d'hygiène intervint. Il y a des usines où il existe des ventilateurs excellents, mais c'est l'exception. Les ouvriers deviennent rapidement asthmatiques. Les patrons le savent bien et ne restent que fort peu de temps dans la fabrique. Les contremaîtres eux-mêmes n'y restent que le temps strictement nécessaire à leur besogne. Ils vont fumer leur pipe dans la cour. Il y a six mois que je ne travaille plus pour cause de maladie.»

(Témoignage de H.J. Degrosonay, ouvrier cordeur. Commission du Travail de Verviers, 16 septembre 1886 dans Commission du Travail instituée par Arrêté Royal du 15 avril 1886, vol.II: Procès-verbaux des séances d'enquête concernant le travail industriel, section D., Bruxelles, 1881, p. 120).

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«À l'Azote, par exemple, je voudrais raconter une chose horrible. On essayait de faire un nouvel engrais, à base de plomb. Cette fabrication était tellement dangereuse que, pour avoir l'autorisation de faire ce produit, l'usine avait dû donner à son personnel un costume de toile spéciale. Les travailleurs qui venaient de chez eux, devaient d'abord passer au réfectoire où ils se mettaient tout nus. Ils passaient alors dans une cabine intermédiaire; ensuite ils arrivaient dans un autre réfectoire où ils prenaient des habits lavés et préparés par l'usine. Tous les jours, on changeait d'habits.
Au retour, ils devaient revenir au deuxième réfectoire pour y déposer les habits de la journée; ils se lavaient les dents pour éliminer la poussière dangereuse, se laver les mains soigneusement, puis se laver complètement. Ensuite, la cabine intermédiaire où ils se rhabillaient. Je crois qu'en ayant dit cela, j'ai tout dit ! La maladie due au plomb était pratiquement inguérissable.»
(L.N.) dans Des travailleurs témoignent, 1886-1986, Cellule mémoire ouvrière de Seraing, CARHOP-MOC, Seraing, 1986

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J'avais fait venir par le canal de la JOC, un inspecteur du travail. On travaillait dans des conditions épouvantables; on était onze ouvriers et il n'y avait pas de réfectoire. Plus grave: tous les garants des machines avaient été enlevés. On ne voyait que la production! Le travail nous rendait noirs comme du charbon et nous disposions de deux seaux d'eau pour nous laver tous les onze. Mais le patron, averti de l'inspection, avait fait tout remettre en ordre !» (M.J.) dans Des travailleurs témoignent, 1886-1986, Cellule mémoire ouvrière de Seraing, CARHOP-MOC, Seraing, 1986

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