
Groupe
d'enfants travaillant dans la vannerie, s.l., 1905
(Rapports annuels de l'Inspection du travail (1905), Bruxelles,
Ministère de l'industrie et du travail, 1906)

Cristalleries
du Val Saint Lambert, Seraing, s.d. (Collection Carhop)

Groupe d'enfants ouvriers mineurs, s.l., fin 19e siècle.
(Collection Carhop)

Groupe
de hiercheuses, région de Liège, s.d., (Collection
Carhop)
«J’ai
commencé à la mine à 16 ans, comme manœuvre.
On commençait dans les charbonnages assez jeune. Évidemment,
on faisait tous les travaux qui ne demandaient aucune formation
professionnelle. j’ai beaucoup de camarades qui ont
commencé à l’âge de 14 ans»
(J.D.)
«Mon père travaillait déjà
au Val-St-Lambert. Quand j’avais trop chaud, il me disait
: “allons, va à la porte…” et il
travaillait à ma place. Il me disait donc de me reposer
5, 10 minutes car il avait dur de nous voir travailler là.
Il faut dire qu’en été, travailler au
four, c’est quelque chose !» (M.B.)
Des travailleurs témoignent,
1886-1986, Cellule Mémoire
Ouvrière de Seraing, 1986, p.31. |

Carnet de travail. (Collection Carhop)
Pour
en savoir plus :
Un
livre

Florence
Loriaux,
Enfants-machines. Histoire du travail des enfants en Belgique
au XIXe et XXe siècles,
Bruxelles, CARHOP, 2000.
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Un
film

Enfants
ouvriers
Un film de Marta Bergman
CPC.
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De
tout temps, les enfants ont aidé leur famille à la
ferme, à l’échoppe, à l’atelier.
Avec la révolution industrielle, le nombre d’entreprises
augmente. Afin de lutter contre la concurrence et pour faire face
aux investissements que nécessitent les machines, le patronat
contrôle les salaires de manière à faire baisser
les prix de revient. Le besoin de travailleurs et la misère
des familles ouvrières entraînent la mise au travail
de milliers d’enfants. Ce revenu complémentaire, si
faible soit-il, permet à la cellule familiale de survivre.
Les enfants représentent une main-d’œuvre docile,
non qualifiée et bon marché. Ils contribuent à
maintenir les salaires au niveau le plus bas. Le travail des enfants
devient un problème social. On trouve des enfants dans tous
les secteurs d’activités: dans les mines, les filatures,
les verreries, dans le secteur agricole, dans l’industrie
à domicile, …
Les enfants travaillent autant que les adultes, en moyenne 12 heures
par jour. Ils sont occupés indifféremment le dimanche
et la nuit et il n’est pas rare de les voir s’endormir,
accablés de fatigue. Les enfants sont souvent employés
en qualité de « forces motrices » pour activer
des tours, des métiers, des meules et autres machines au
prix de nombreuses déformations du corps. Ce sont de véritables
petits moteurs.
Un
ouvrier sur quatre est un enfant ! En 1846, le recensement de l’industrie
dénombre 66.385 travailleurs de moins de 16 ans sur un total
de 314.842 ouvriers. Ces chiffres ne reprennent cependant pas la
multitude d’enfants travaillant à domicile ou dans
l’agriculture. En 1870, des milliers d’enfants de moins
de 14 ans, des centaines de moins de 8 ans sont encore au travail.
Longtemps, l’État refusera d’intervenir afin
de réglementer cette question même s’il ordonne
la réalisation d’enquêtes.

(Collection Carhop)
La loi du 31 décembre 1889 interdit le travail des enfants
de moins de 12 ans, limite la durée du travail des jeunes
de 12 à 16 ans (21 ans pour les filles) à 12 heures
par jour et interdit, sauf dérogation, le travail de nuit
pour les jeunes de moins de 16 ans et pour les filles de moins de
21 ans. Cette loi est la première intervention du législateur
en vue de limiter le temps de travail des salariés. Elle
a toutefois une portée limitée car elle ne s’applique
qu’aux manufactures, chantiers, carrières, charbonnages…
là où le travail est considéré comme
«dangereux». Les autres secteurs y échappent:
l’agriculture, les entreprises familiales, le travail à
domicile, les cafés et restaurants, les ateliers qui n’utilisent
pas de machines à moteurs mécaniques, etc.
La loi de 1889 sera complétée par plusieurs dispositions
légales comme la loi du 5 juin 1911 interdisant les travaux
souterrains aux femmes de tout âge et aux garçons de
moins de 14 ans, la loi du 10 août 1911 qui interdit le travail
de nuit des femmes sans distinction d’âge. Quant à
la loi du 26 mai 1914 interdisant aux enfants de moins de 14 ans
de travailler dans n’importe quelle entreprise, elle sera
accompagnée par l’obligation d’aller à
l’école jusqu’à 14 ans.
Pourtant, encore nombreux seront les enfants qui commenceront à
travailler durant l’entre-deux-guerres au lendemain de leur
14e anniversaire. Même si l’obligation scolaire et l’amélioration
des conditions matérielles ont permis de débuter plus
tard dans la vie professionnelle, nombreux sont les travailleurs
à avoir commencé leur activité dès 14,
15 ou 16 ans.
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