Le
métier de mineur est dur, insalubre et dangereux: nombreux
sont les travailleurs qui y laisseront leur santé mais
aussi leur vie. Les accidents miniers sont souvent mortels:
le coup d'eau de Marihaye en 1802 fait 27 morts, la catastrophe
de Murébure fait 52 tués, la catastrophe du Many
le 24 octobre 1953 emporte 26 ouvriers.
Les
accidents de travail
dans les mines vus par les travailleurs
Quand
on parle d'accidents de travail, on pense spontanément
à certains types de travaux à hauts risques: la
mine, une fois de plus, apparaît comme le terrain le plus
piégé.
«Personnellement, j'ai vu des blessés graves
et des tués. Ces malheureux avaient été
pris dans un éboulement. Le coup de grisou, comme à
Collard, peut blesser et même tuer. D'autres accidents
graves ne sont pas dus au contexte spécifique de la mine.
Par exemple, j'ai vu un homme écrasé par une courroie
transporteuse qui l'avait happé. Je vous rappelle aussi
les 26 tués par grisou au Many en 1953; il y a eu Marcinelle
en 1956.
Une
autre source d'accidents est le feu; quand vous avez enlevé
le charbon, il reste les poussières qui forment de petits
remblais. Ajoutez à cela l'humidité et la chaleur
et vous pouvez arriver à une combustion spontanée.
Quand une taille est en feu, d'habitude on la consigne; on mure
toutes les entrées possibles d'air ainsi que les sorties,
et ainsi le feu s'éteint de lui-même.»
Maladies
professionnelles inévitables! Accidents inévitables!
Refrain connu. Cependant, il faut souligner que beaucoup d'accidents
sont provoqués par une mauvaise organisation du travail
mais sont dus parfois à l'imprudence.
«Tout
le monde sait bien que les accidents, ça arrive! Mais
la plupart des accidents sont dus à la mauvaise organisation
du travail.»
«Il y a bien sûr les risques inhérents au
métier de mineur. Certains charbonnages occupaient plus
de mille personnes. Il y avait en moyenne un tué chaque
année. Tout le monde était tôt ou tard victime
d'un accident. Pour le mineur, il y avait la fatalité...
Il faut reconnaître aussi que des accidents étaient
dus à l'imprudence des ouvriers. En voulant toujours
gagner plus, on ne voulait pas s'arrêter même si,
par exemple, la galerie creusée nétait pas étançonnée
parce que les bois n'étaient pas arrivés à
temps. On croyait toujours que l'accident n'arriverait pas,
mais...»
Le
gaz, s'il ne tue pas toujours, peut faire perdre connaissance
provoquant des chutes quelquefois assez graves.
«Un
jour, je vois un copain tomber en syncope. Il est tombé
sur le charbon et s'est brisé la colonne vertébrale.»
Les
fractures dues aux chutes de pierre ne sont pas rares.
«D'autres accidents graves ont eu lieu, mais
je ne m'en souviens plus très bien. Des égratignures,
des fractures à cause des pierres qui tombaient... Tout
cela n'était pas grave pour nous.»
Malgré
l'existence de comités de sécurité-hygiène,
l'ouvrier, en fait, doit souvent tirer seul son plan face au
danger.
«Tu
sais, il y a eu des éboulements mais pas trop graves.
On avait des surveillants pour la sécurité et
l'hygiène. Mais quand il y avait danger, c'est l'ouvrier
qui devait se dépêcher de fuir. Ici, à Collard,
des tas de travailleurs ne sont jamais sortis!»
